Théâtre ONYX
Avec Les Collectors
saison 2

Joël Kérouanton
ledicoduspectateur.net

Sommaire

4 Édito

5 Autour de : « Avril »

13 Autour de : « MLE »

29 Autour de : « Fracasse... »

36 Autour de : « Projet PDF »

45 Le mini-dico du spectateur - ONYX

50 Colophon

Édito

Saint-Herblain, 2018-2019

Après un spectacle, qui n’a jamais eu envie de poursuivre la discussion ? Qui n’a jamais laissé un avis, un commentaire, ou même un petit like ? Mais le fait-on vraiment ? Prend-on le temps de l’écrire ou l’enregistrer et à fortiori de le diffuser ?

Lors de cette saison nomade, le théâtre ONYX a décidé de s’en occuper, en constituant une Brigade d’intervieweurs qui s’est chargée de collecter les avis des spectateurs. Grâce au coaching de Joël Kérouanton, chantre du « laissez-les-dire », les spectateurs se sont transformés en intervieweurs chevronnés.

Sans prise de tête, animer de sa seule volonté d’en savoir plus et d’échanger avec d’autres spectateurs, une Brigade de collecteurs avisés — Les Collectors — spécialisée dans le recueil de paroles en or, a été chargée de février à juin, à raison d’une fois par mois et selon leur disponibilité, de recueillir les témoignages du public. La matière collectée a donné lieu à ce livret, receuil de critiques collaboratives des spectacles qui alimentent désormais Le Dico du spectateur, une œuvre en ligne qui répertorie, sous forme de définitions théorico-rigolotes, une typologie de spectateurs.

L’équipe d’ONYX

Avec Les Collectors - saison 2

Saint-Herblain, 2018-2019

Après un spectacle, qui n’a jamais eu envie de poursuivre la discussion ? Qui n’a jamais laissé un avis, un commentaire, ou même un petit like ? Mais le fait-on vraiment ? Prend-on le temps de l’écrire ou l’enregistrer et à fortiori de le diffuser ?

Lors de cette saison nomade, le théâtre ONYX a décidé de s’en occuper, en constituant une Brigade d’intervieweurs qui s’est chargée de collecter les avis des spectateurs. Grâce au coaching de Joël Kérouanton, chantre du « laissez-les-dire », les spectateurs se sont transformés en intervieweurs chevronnés.

Sans prise de tête, animer de sa seule volonté d’en savoir plus et d’échanger avec d’autres spectateurs, une Brigade de collecteurs avisés — Les Collectors — spécialisée dans le recueil de paroles en or, a été chargée de février à juin, à raison d’une fois par mois et selon leur disponibilité, de recueillir les témoignages du public. La matière collectée a donné lieu à ce livret, receuil de critiques collaboratives des spectacles qui alimentent désormais Le Dico du spectateur, une œuvre en ligne qui répertorie, sous forme de définitions théorico-rigolotes, une typologie de spectateurs.

L’équipe d’ONYX


IMPRIMER LE LIVRET “AVEC LES COLLECTORS - SAISON 2”

Cet article est le récit d’une soirée « Critique du spectateur » menée avec le théâtre ONYX et Les Collectors, rédigé sous la forme d’une critique journalistique autour du spectacle Avril.


Théâtre ONYX, La Carrière, 22 mars 2019.

Il y a Avril. On l’aime bien, Avril. Très vite on s’y attache. Est-ce la singularité du prénom ? Son cri de vie continu ? Sa maman absente ? Sa voix chantante et plaintive ? Drôle de prénom, tout de même. On y croit et on n’y croit pas. Ça sent le poisson d’avril à plein nez. D’ailleurs, ce personnage principal, Avril, est né le 1er avril. Une bonne blague de naissance. Avril aurait pu ne pas connaître l’inconvénient d’être né.

Il y a le père. À notre souvenir, il n’a pas de prénom. Ou alors il nous a échappé. L’homme aime les costumes gris. Il est goûteur de boulettes de viande dans une usine agroalimentaire. Et il collectionne les boîtes de boulettes au fond du jardin, pour s’en faire des sculptures ou des jeux le dimanche avec son fils. Sa principale préoccupation ? La déscolarisation d’Avril, depuis la disparition de la maman.

Il y a la mère. On comprend qu’elle est partie lors d’un évènement soudain. Avril rappelle souvent qu’elle est « partie dans le four ». C’est ce qu’il se raconte comme histoire. C’est sa vérité. Parfois il la voit dans la neige. Parfois il parle de sa mère comme d’un lambeau qui lui reste dans la mémoire. Est-elle tombée dans le trou, pouf, évaporée, telle la fée Alice aux Pays des Merveilles ?

Il y a Isild. Venue pour faire l’école à la maison. N’a jamais trop réussi à faire l’école à Avril. Mais a réussi à bousculer la belle relation père-fils. Comment ? En s’amourachant du père.

Et il y a l’ami imaginaire Stéphane Dakota. L’inoubliable Stéphane Dakota, le cowboy. La seule sonorité du nom nous emporte déjà dans les belles sphères de l’imaginaire. Et pas que. L’harmonica du cowboy emporte aussi le public dans un ailleurs. « La mort niqua » dirait Avril dans le pestacle, lui qui aime les pommes de terre bonhommes. La présence de Stéphane Dakota auprès d’Avril, puis son départ vers les États-Unis d’Amérique, est un marqueur de l’évolution d’Avril. Pourquoi est-il parti ? « Parce que c’est un cowboy et les cowboys sont tous aux États-Unis » dira un spectateur pas plus haut que trois pommes. « Il était donc obligé de partir. Comme les oiseaux qui migrent : obligé de rentrer. C’est la saison de la migration des cowboys ». Une autre hypothèse entendue chez un spectateur (adulte, cette fois-ci) : « Les peurs d’Avril se sont amoindries ; son ami imaginaire n’avait plus de raison d’être ». Car les peurs d’Avril, c’est le nœud de l’histoire. Peur de l’école. Peur du loup plat (qui se glisse sous la porte). Peur de ses pairs écoliers dans le bus. Peur de ne plus revoir sa maman. Quand la peur remonte, Avril, on aurait dit qu’il se subit. Il se recroqueville dans un placard, les poings crispés, dans un cri de silence dans la nuit.

OBJETS

Délicat de juger le spectacle Avril sur le seul sujet qu’il aborde — le témoignage d’un enfant déscolarisé depuis la disparition de sa maman — puisque le sujet en soi ne fait pas œuvre. ll est peut-être plus aisé de juger Avril sur la façon dont il s’y prend pour traiter l’infime et l’insignifiant, tel l’aquarium posé sur l’avant-scène, à peine visible par les spectateurs du fond. L’aquarium est une entrée narrative à lui seul. Il raconte la relation entre le père et le fils. Il fait tiers — comme on dit. C’est près de l’aquarium qu’Avril vient quand cette relation paternelle le rend fou. C’est là que le père vient chercher Avril quand il sent son fils partir en cacahouète. L’aquarium, c’est un peu le feu de cheminée au sein du foyer familial, là où on se réchauffe ; on n’y parle pas forcément puisque le feu qui pétille suffit à alimenter les pensées.

DES SAUVEURS CARICATURÉS

Le père et le fils, on aurait dit qu’ils s’intéressent à n’importe qui sauf aux autres. La société est un enfer de sauveurs et ils n’en veulent pas : la caricature de la psychologue en dit assez sur la volonté de mettre en ridicule ceux qui font l’impossible métier d’écouter la douleur d’autrui. Monsieur Pick, professeur des écoles, à même d’ouvrir Avril sur le monde (et de le sauver de l’entre-soi familial), est aussi caricaturé. Avril trouvera à l’intérieur du foyer paternel les ressources pour se sauver tout seul. Comment ? En devenant le référent de la raison face aux adultes devenus des adolescents. Une opportunité offerte par la venue d’Isild. En sa présence, le papa est tombé bien bas, Avril dit même (souvenir textuel d’une spectatrice en pleine forme) : « (…) Ils se bécotent, là, ils ne font plus rien de leurs journées. Et moi je suis là, faut aller cleaner les restes du pigeon dans la cuisine(…) ». Le binôme amoureux se comporte progressivement comme des adolescents. Dans le même mouvement, Avril devient adulte. Il use à gogo d’expressions croustillantes : « Ils ont le cerveau ramolli » ou « Je ne comprends pas, quand papa rentre du travail il sourit, il est niais ». Une spectatrice affirmera : « Cette pièce célèbre l’égoïsme des parents. Et heureusement qu’ils le sont ».

Avril et Isild sont en miroir : ils ont tous les deux un personnage imaginaire pour compenser leurs phobies. Lui, le loup plat, elle, les oiseaux. Et ce n’est pas tout. Ils ont aussi un ami imaginaire pour dialoguer : Stéphane Dakota pour Avril, et Isfaille la truite pour Isild, qui a vu elle aussi partir un parent, en l’occurrence son père — jamais revenu.

RENVERSEMENT DES RÔLES ENFANTS/PARENTS

Petit à petit, au fil du spectacle, Avril traduit à l’adulte ce qu’il ne peut comprendre de la vie. Avril n’incarne plus un problème (l’enfant qui ne veut pas aller à l’école), il participe au bien-être de l’adulte. Et heureusement qu’Avril est présent, sans quoi les adultes sombreraient. Très proche, d’un point de vue de la morale, d’une série américaine de 2018 dans laquelle quatre enfants recherchent leur ami disparu dans des conditions obscures. Seul les enfants proposeront des pistes crédibles. Les enfants ont la raison, et les enfants ont raison.

Isild et Avril se distinguent du père par la petite musique de leurs mots, et se relient ainsi. Leurs expressions fleurissent, comme si c’était l’endroit où transpirait leur folie commune. Isild prononce des phrases comme : « Les hannetons dans le feuillage, ratiboise… ». Des espèces de mots un peu bizarres. Deux ados : « On ne comprend rien ! ». Peut-être est-ce bien de ne pas tout comprendre, suivre un fil poétique plutôt que narratif, car regarder sans comprendre, c’est cela le paradis du spectateur. Avec Avril, tout n’est pas dit et il en reste un peu à mettre sous la dent du spectateur, qui peut poétiser face à la poésie de la scène. Alors, bien évidemment, il y aura toujours des esprits chagrins pour rappeler que le spectacle-n’est-pas-adapté-aux-enfants-avec-ce-texte-pas-toujours-compréhensible. Laissons ce spectateur de huit ans nous rassurer : « Ça ne m’a pas dérangé. Même si je ne comprenais pas tout, je trouvais ça drôle sa façon de parler ».

JOYEUX TROUBLE DE L’IDENTITÉ

Avril apparaît pour certains spectateurs « tout le temps comme une fille ou un garçon manqué ». Ce trouble de l’identité n’est pas pour leur déplaire, ils voient dans ce décalage un propos universel : ce qu’on leur raconte n’est pas genré. Étrangement, même si beaucoup de spectateurs ont apprécié la belle relation père-fils, Avril désexualise la relation parents-enfant. Mais au-delà du sexe de l’acteur, au-delà du fait qu’un comédien se glisse dans le corps de chacun de ses personnages, c’est l’enfant joué par un adulte qui a posé problème aux spectateurs herblinois. « Un enfant ne parle pas de cette façon » a remarqué l’un d’eux. « Même si le jeu de la comédienne était bon — c’est son premier rôle et elle avait vraiment des expressions de gamin — j’aurais aimé que la comédienne soit encore plus un enfant », a rajouté un autre. « C’est surjoué » a conclu un troisième. Le rôle n’est pas vraisemblable, la magie de la fiction n’opère pas toujours : les mots utilisés par l’actrice sont des mots qu’un adulte prononce. Un enfant de huit ans ne les a pas. Il les aura. « Il y a des moments où ça passait, des moments où ça cassait. Je me disais : “C’est dommage”. J’aurais poussé peut-être plus. On le voyait que c’était un adulte dans le corps d’un enfant. » Et pourtant, ce n’était pas toujours si clair. D’autres spectateurs adultes pensaient qu’Avril était un ado. Et les ados pensaient que c’était un enfant du primaire. D’aucuns pensaient qu’Avril avait cinq ans. Un spectateur a pourtant compté les dix bougies sur le gâteau.

Saisir l’identité d’Avril fut l’angle récurrent des spectateurs. Identité sexuelle, âge, maladie psy. « Est-ce un enfant autiste ? » a interrogé une spectatrice avertie, qui s’est demandée tout au long de la représentation si l’autisme c’était ça. De spectatrice-avertie, elle devint spectatrice-diagnostic. Alors que le gamin, même s’il tombe parfois en black-out et qu’il présente le symptôme physique d’un malaise enfantin, a peut-être tout simplement ressenti un choc émotionnel après la disparition de sa maman. Et puis, « n’exprime-t-il pas ses peurs pour que son père le prenne dans ses bras ? » s’est interrogée une autre spectatrice, avant la fermeture des portes, tard dans la nuit tiède et étoilée de la Carrière.

Drôle, le spectacle Avril  ? Oui. C’est du moins ce qui apparaît au fil des témoignages des spectateurs, notamment le comique de répétition d’Isild (cinq renversements d’une tasse de chocolat) avec en contrepoint les situations répétées du père (appels récurrents à Monsieur Pick, professeur des écoles, pour signaler l’absence de son fils).


DU NARRATIF ET DU PEPS

La dramaturgie d’Avril est plutôt classique, avec un début, un milieu et une fin. Moins classique fut la réelle alarme incendie (1), qui produisit un vrai malaise dans le public, au moment où le père dansait avec Isild. Une alarme incendie comme un cri d’Avril à son père : « Hé ho, je suis là ! ». Rarement incident de salle n’avait été si opportun et n’avait tant rejoint la forme d’un spectacle en jeu. Du hasard et du théâtre, Avril à la Carrière ce fut tout cela et plus encore : la vision d’un père et son fils sur le monde qui les entoure. « C’était bien, tout était bien », témoigneront sans réserve les spectateurs rencontrés.

Pour Le Dico du spectateur,
Joël Kérouanton
À partir des paroles de spectateurs recueillies par Les Collectors.

(1) Aux deux tiers du spectalce, une alarme incendie fut provoquée par des fumées de scène d’un show musical voisin, qui fit retentir pendant cinq minutes l’annonce « Votre attention s’il vous plait, ceci est une alarme incendie. Veuillez vous diriger vers les portes de sortie ».

AVRIL
création 2018 - LTK production
« Une pièce pour trois comédiens et un cowboy des États-Unis, un loup plat et un poisson jaune ».
Texte de Sophie Merceron - Conception et mise en scène : Marilyn Leray, avec : Elvire Gauquelin Des Pallières, Jean Pierre Morice, Delphine Lamand - Réalisation vidéo : Marc Tsypkine et Eric Perroys
lumière : Sara Lebreton - Ccostumes : Caroline Leray - Son / Création : Stéphane Louvain - Construction : Thierry Pinault et Jean Marc Pinault - Accessoires : Christine Baron

Crédits photos : Marco Tsypkine (photo chapeau article) et Élise Denier (photos de contexte)
Première mise en ligne le 15 avril 2019 et dernière modification le 25 septembre 2019.

Cet article est le récit d’une soirée « Critique du spectateur » menée avec le théâtre ONYX et Les Collectors, autour du spectacle MLE.


Théâtre ONYX, Parc La Carrière, Saint-Herblain, 15 juin 2019

Pour Le Dico du spectateur,
Joël Kérouanton
À partir des paroles de spectateurs recueillies par Les Collectors.


MLE… Aimez le ou… Mademoiselle avec une elle…
Cie À Portés de Mains / Cirque sur Piste et Toile
Un spectacle sous, sur et autour d’un chapiteau
À l’occasion d’un rendez-vous familial, des frères et sœurs se retrouvent.
C’est l’occasion d’échanger. Parler du souvenir de leur mère et de ce qu’ils sont, de ce qu’ils deviennent aujourd’hui et de ce qui les lie encore.
De souvenirs en délires, la piste de cirque devient leur terrain de jeu, celui de leur enfance, de leur famille.
SOUS LE CHAPITEAU : Violoncelliste, comédienne : Amandine Dolé — Jongleur , acrobate : Baptiste Abraham Costumière : Camille Lacombe — Régie son et agrès de cirque : David Guillermin — Régie générale et lumière : Dimitri Rompion — Fil de fériste, funambuliste : Lucia Rosella — Solen Henry : Équilibriste, porteur.

Dispositif « Porteur de paroles citoyennes » : Antoine Huchin / Oz
Crédits photos : Nicolas Lalau (photo chapeau article) et Joël Kérouanton (photos de contexte)
Première mise en ligne 25 juillet 2019 et dernière modification 25 septembre 2019.

Cet article est le récit d’une soirée « Critique du spectateur » menée avec le théâtre ONYX et Les Collectors, rédigé sous la forme d’une critique journalistique autour du spectacle Fracasse ou les enfants des Vermiraux.


Théâtre ONYX, Carré des services, 26 février 2019.

Le théâtre de Saint-Herblain avait annoncé la couleur : le Fracasse allait tout fracasser. Et ce fut le cas. Aucune, vraiment aucune réserve pour cette pièce au format atypique — la scène se confond avec l’espace public —, « à l’africaine » a témoigné une spectatrice du quartier. La disposition des spectateurs lui rappelait les soirées TV dans son village natal, au Sénégal. Le poste planté au milieu de la place, entourée des habitants, dans une communion permanente.

Pour Fracasse et les enfants des Vermiraux, point d’écran mais des spectateurs disposés çà et là, dans l’ensemble de l’espace scénique, en présence d’acteurs évoluant au milieu, sur les côtés, dans les périphéries, quand ce n’est pas sous un drap. On recherche souvent la messe sans la messe dans les arts du spectacle. Avec Fracasse…, nous sommes dans une communion permanente, sans prêche et sans prêtre, sans péché et sans pêche aux pleurs — l’humour est omniprésent. La scénographie participe à cette joyeuse messe esthétique, tout en relationnel, « Nous sommes DANS le spectacle : les acteurs pénètrent dans l’aire des spectateurs, on se sent intégré du fait des interactions » a formulé un spectateur herblinois présent ce soir-là. Les sièges, les escarbeaux, le lit produisent un effet surprise à l’entrée de salle. Le spectateur pressent qu’il va assister à une expérience où les relations créées entre les acteurs et spectateurs, entre spectateurs eux-mêmes, comptent autant que le propos de la pièce. « Peut-on dire qu’on a tous fait du théâtre ce soir ? » interrogeait un autre témoin de la soirée.

Le spectacle raconte l’histoire d’enfants en révolte qui manifestent leur cri face aux conditions d’accueil dans un orphelinat(1). La compagnie des Ô met en scène cette révolte d’enfants, en s’inspirant librement du roman de cape et d’épée Capitaine Fracasse de Théophile Gautier. Au fil du spectacle, l’obscénité de la violence laisse place à la poésie des sous-entendus. Les enfants des Vermiraux ne disent pas ce que leur directrice — « La Vilaine » — leur a fait ; ils disent qu’après la visite chez la responsable de tous leurs malheurs, Fracasse n’a plus parlé pendant un jour. Pour sortir du triangle de Karpman (Persécuteur-Victime-Sauveur), des spectateurs ont même imaginé ces enfants, au lieu de faire justice par eux-mêmes, faire à la Vilaine les bisous qu’ils ont rêvé d’avoir. La Vilaine n’aura pas leur haine.

Fracasse…, c’est du théâtre de rue joué en salle. Une nouvelle relation avec le spectateur. Un théâtre d’avenir, ouvert à la jeunesse, interactif au centuple, en présence de comédiens-batteleurs, talentueux au point de rendre le spectateur acteur de la pièce, lui trouver un rôle, parfois absurde, comme « faire l’arbre ». Même absurde, le rôle de l’arbre fut si finement interprété qu’un spectateur se demandait « s’il n’était pas arbre professionnel ».

Et il y a la scène emblématique « du casque » — concentré du spectacle par sa simplicité et sa puissance évocatrice. Un homme (comédien) propose à une femme (spectatrice) d’écouter quelque chose, un casque sur les oreilles. La femme écoute en regardant l’homme. Ils sont face à face, au milieu de nous, dans leur bulle. L’histoire se passe à l’intérieur, entre-eux, dans ce son réel pour eux, imaginaire pour le spectateur : seuls leurs jeux de regards raconteront ce quelque chose au public. « L’importance de regarder l’autre, de le voir », dira une spectatrice, « Ils se regardent. Elle le regarde, il la regarde. Parfois, ils nous regardent. Le regard c’est l’amour, l’amour c’est le regard. Pour moi c’était ça, il n’y avait rien, ils ne se disaient rien, ils se regardaient ». Nul besoin de savoir véritablement la teneur de la bande-son : l’imagination des spectateurs remplissait le silence des regards. Les témoins de ce soir ne se sont pas fait prier pour lancer des hypothèses à propos de ce fameux quelque chose : Un secret de famille ? L’histoire d’un tracas ? Le témoignage d’un enfant qui a vécu des faits similaires de maltraitance ? Des empilements de sons ? Du silence, rien que du silence ? À moins que ça ne soit « le fracasse d’un comédien impossible à raconter en public, car pas racontable — comme s’il y avait toujours une frontière, une limite », développera une spectatrice, « Qu’est-ce qu’on partage ? Qu’est-ce qu’on ne partage pas ? Dans Fracasse… il y a toujours ce fil, il me semble, où chacun s’imagine ce qui est dit. »

Composée en public, cette relation intime se construit avec douceur, au centre de spectateurs, jamais loin d’une prise d’otage malicieuse et bienveillante : « À un moment, j’ai senti une main sur mon épaule. Je me suis dit : “C’est qui ce mec ? C’était un comédien de la troupe. » C’est tout l’art des acteurs de la Compagnie des Ô que d’associer les spectateurs en étant à l’écoute de leur pouvoir de dire non. De dire « Je n’ai pas envie qu’on ait envie de me toucher ».

La mise en scène implique les spectateurs jusqu’à les mener à une vraie identification aux personnages : « Les enfants des Vermiraux, ce sont aussi nous, spectateurs » racontera une témoin du spectacle au Carré des services, venue à cette soirée non sans appréhension parce qu’au théâtre ONYX, « c’est toujours un peu spécial, quand même. » « On a été sollicités pour jouer le rôle des enfants », racontera-t-elle, « quand les acteurs nous disaient de regarder, on tournait tous la tête dans le même sens », avant d’ajouter : « Ils sont parvenus à susciter l’enfant en nous ; on s’est laissé emporter. On est arrivés avec une impression et on est repartis avec une autre. » Les comédiens associent les spectateurs à l’histoire en leur donnant le rôle de témoins actifs, dans une situation qui inclut le face-à-face, le dialogue, l’interpellation, la confidence, la réaction possible de l’un et de l’autre. « Très proche du Living théâtre, de Molière… ou de Mnouchkine » a analysé une spectatrice participant à l’aventure des Collectors. « Est-ce que ce sont les comédiens qui parlent de leur propre vie, ou est-ce que c’est l’histoire de Fracasse qui est racontée ? » s’est longuement intérrogée sa voisine, évoquant son trouble de ne pas réellement savoir si l’histoire contée par les comédiens était de l’ordre du témoignage personnel ou tenait d’une œuvre de fiction.

Fracasse… est une œuvre de parti pris : celui des victimes. Elle leur donne voix sans tomber dans le sordide, les nuances sont reines et la complexité de mise. Au final, les victimes ne rendent pas justice, elles ont confiance en elle et laissent la vengeance dans les oubliettes des principes. Elles ont trouvé mieux, largement mieux : le jeu.

Peut-être aurait-on apprécié d’entendre la vraie voix de rescapés de ces établissements maltraitants, une façon de stimuler nos facultés de spectateurs à éprouver des émotions morales et politiques. Certes émouvant et éprouvant pour le spectateur, cela aurait permis de partir de l’émotion d’une telle rencontre pour entrer dans un processus d’explicitation de la mécanique maltraitante et du contexte historique et politique l’ayant rendu possible. Ce qui aurait invité le spectateur, sans entraver son investissement émotionnel dans le récit, à une réception (aussi) faite de réflexivité. Mais l’approche documentaire aurait-elle permis de jouer autant que les comédiens jouent dans ce spectacle ? Peut-être pas. Expliciter dans le moindre détail des faits dramatiques, c’est là tout le problème de cette option documentaire, clinique. La Compagnie des Ô a tenté d’aller au-delà des faits et propose de rendre justice aux enfants des Vermiraux en célébrant le pouvoir de l’ironie, la joie et la puissance de l’imaginaire. Un parti pris que les spectateurs herblinois auront goûté avec gourmandise.

Pour Le Dico du spectateur,
Joël Kérouanton
À partir des paroles de spectateurs recueillies par Les Collectors

(1) En 22 juillet 1911, le tribunal d’Avallon, dans l’Yonne, rend un jugement historique. En condamnant à de la prison ferme les garants de l’institut éducatif et sanitaire des Vermiraux, il prononce la première sentence exemplaire en France à l’encontre d’un groupe de coupables, pour corruption associée à des violences collectives faites aux enfants (travail forcé, maltraitances ayant entrainé la mort, viols, prostitution). Les juges n’hésiteront pas à transformer une plainte contre des enfants, pour rébellion et bris de clôture, en mise en cause des adultes.

Fracasse ou La révolte des enfants des Vermiraux, d’après le mythe de Théophile Gautier
Compagnie des Ô
Pour leur nouvelle création, librement inspirée du Capitaine Fracasse de Gautier et de l’histoire de la révolte des enfants des Vermiraux, la Compagnie des Ô (57) et Sarbacane Théâtre (25) ont créé leur spectacle comme ils le jouent : en intelligence avec le lieu qui les accueille et les habitants qui le traversent.
Avec des meubles comme décor, ou un décor de meubles fabriqué par eux, ils habitent le lieu en permanence pour vivre, créer, rencontrer, travailler et faire de leur histoire une histoire commune.
Texte et dramaturgie : Nicolas Turon — Avec : Alice Feucht ou Laura Zauner, Jérôme Rousselet ou Fayssal Benbhamed ou Remy Vachet ou Fabrice Houillon, Nicolas Turon — Meubles : Sébastien Renauld — Direction d’acteurs : Odile Rousselet — Musique : Shadow Kids et Bird of Prey, par Toxic Kiss (Laetitia Vançon, Sebastien Servais, David L’huillier, Manuel Etienne) — Arrangements : Toxic Kiss & Tom Rocton

Crédits photos : Elise Denier
Première mise en ligne 15 mars 2019 et dernière modification 25 septembre 2019.

Cet article est le récit d’une soirée « Critique du spectateur » menée avec le théâtre ONYX et Les Collectors, autour du spectacle Projet PDF - Portée de femmes.


Théâtre ONYX, La Carrière, 27 avril 2019.

PITCH
Projet PDF.
Est l’histoire.
De 17 femmes.
Libérées.

Et d’un public.
Émancipé.
(Quoique)

GROSSESSE
La première scène à propos de la maternité m’a gênée.

Parce que pas concernée.
Parce qu’exclue du propos.

J’ai quarante ans et pas d’enfant.
Je n’ai pas joué les poupoules.
Je ne suis pas une femme complète.

Respirer en chien-chien.
Ventouser l’enfant.
Tirer son lait.
« Que du bonheur ».

Finalement.
Quand t’es enceinte, ça embête tout le monde.
Quand tu ne l’es pas, ça embête tout le monde.
Et quand ta grossesse est non choisie.
Personne ne dit.
Plus rien.

Elles en ont dans le ventre, quand même.
Ces femmes PDF.

D’ailleurs.
Elles nous la montrent, leur puissance.
En portant des spectateurs hommes tout surpris d’être porté.
Par des femmes.

LIBERTÉ
Des femmes désinhibées.
Capables d’évoluer dans l’espace social.
Avec des corps en grande liberté.

Les menstrues, en pleine liberté.
Les eaux, en pleine liberté.
Le lait maternel, en pleine liberté.

Plaisir du corps, avec un homme (quand ce n’est pas subi).
Plaisir du corps, en solo (pour ne pas subir).

Liberté de porter l’autre.
Tels des hommes.

Les femmes peuvent tout faire.
Une surprise ?

COULEUR
Le bleu.
Emblème de Projet PDF.
Symbole du sang.

Bleu de salissure des hommes.
Sur le corps de femmes prostituées.

Bleu des menstrues dans les pubs pour serviettes hygiéniques.
Bleu des bleus battus sur femmes battues.
Bleu de la gelée proposée au public hommes.

TROPHÉE
Dans Projet PDF.
La femme est modelée par des mains extérieures.

Quand elle a atteint la forme parfaite.
Elle est statufiée puis élevée comme un trophée.
Avec un décor sur le corps devenu un objet.
Prisonnier dans la forme dans laquelle on le met.

Pas.
Du tout.
Du tout.
Du tout.

Mais.
Alors.
Pas.
Du tout.
Du tout.
Du tout.

La femme est portée vers sa vie de femme.
Elle est portée vers le bleu du ciel.

COLLECTE
J’ai collecté des paroles.
De spectateurs.

L’un m’a dit.
N’avoir été choqué.
De rien.

Je ne sais pas.
Si c’est bon signe.

LE GRAND BAIN
La scène des bonnets de bain.
Une caricature des concours de beauté.

Une mise en dérision des cours de danse / du cinéma hollywoodien / des nageuses-aqua-objets.

On ne voit plus que les jambes.
Toutes pareilles, finalement.
Standardisées.

Un spectacle d’hommes.
Aurait-il pu parler du féminisme.
De la même façon ?

Oui.

De façon décalée.
Tel le film Le Grand Bain.

Une ode aux femmes.
Jouée par des hommes.

KERMESSE
Le bleu des balles à lancer.
Sur des danseuses chamboule-tout.
À la kermesse du village.

Avec ce zeste de question :
« Vous préférez la petite ou la grosse ? »

Petite ou grosse, moi je n’ai pas pu lancer les balles.

J’aime trop la femme, d’ailleurs quand je vois ces femmes à l’œuvre, je suis femmes.

PRÉCONISATION
Ce spectacle ?
Médiateur.
Pour ébats.
Du couple.
Qui débat.

À préconiser.
Pour les thérapies.
Conjugales.

Limite.
D’intérêt.
Général.

INTIMITÉ
Une danseuse (femme).
A mis un casque.
À un spectateur (homme).

Elle dansait devant lui.
Il écoutait devant elle.

Une scène d’intimité.
Dans cette intimité collective.

Comme dans Fracasse et les enfants des Vermiraux.

DIVERSITÉ
Un petit garçon de onze ans aurait aimé voir un spectacle de femmes de couleur, de femmes enveloppées, de femmes-monde.

Elle est où la diversité culturelle ?
A-t-il dit.
Elle est où la diversité corporelle ?
A-t-il dit.

A-t-il été choqué par Projet PDF ?
Non.
Du tout.
C’est l’âge où ils ne comprennent pas encore tout.
Ont dit les parents.
Qui ne comprennent pas tout.

FINAL
L’impression que les danseuses vont toutes mourir sur scène.
Avec ces coups hache répétés.
Qui donnent les pulsations musicales.
De la mort ? De la vie ?

Et ces bouquets.
Tenus par les danseuses.
Au bouquet final.

PROJET PDF
J’aurais aimé être une femme.
Une femme jouant dans Projet PDF.
Être tout à la fois.
Une femme.
Une acrobate.
Une masse.
Un ensemble aux possibilités infinies.
Différente.
Convaincue.
Douce.
Masculine.
Une maman.
Beaucoup.
Un panda.
Incapable.
Forte.
Lyrique.
Un signe astrologique.
Hormono-réglée.
Un objet de désir.
Une équipe de rugby.
Une beauté.
Absurdes.
Innommées.
Super héroïne.
Provocatrices.
Idéaliste.
Vraie.
Illuminée.
Une avancée à l’unisson.
Une nomenclature,
et plus.

PRÉCONISATION (SUITE)
À voir au moins deux fois.
Sinon dix.

POSTLUDE
Nous étions plusieurs.
À regarder le même spectacle.
Sans voir le même spectacle.

Trop de choses.
À différents endroits.
Pour tout voir.

On ne peut pas voir la même chose.
Regarder cette scène plutôt qu’une autre ?

Avec Projet PDF
Qui voit.
Sépare.

La prochaine fois.
On racontera.
Le spectacle.
Par les parties.
Que les uns.
Et les autres.
Ont ratées.

Pour Le Dico du spectateur,
Joël Kérouanton
À partir des paroles de spectateurs recueillies par Les Collectors.


Projet PDF
Création 2018 - Cartons production
« Un collectif de femmes singulières, des inspirations éclectiques qui donnent à voir un univers paradoxal, une direction commune, des trajectoires personnelles. Elles nous livrent leurs corps et leurs espoirs, tel un cri de liberté. ».
Mise en scène : Virginie Baès — Distribution : Laurence Boute, Philine Dahlmann, Renata do Val, Coline Froidevaux, Clémence Gilbert, Mathilde Gorisse, Cali Hays, Marion Hergas, Charlotte Kolly, Claire Lascoumes, Flora Le Quémener, Priscilla Matéo, Alice Roma, Claire Ruiz, Anhalou Serre, Elske van Gelder — Création musicale et jeu live de et par : Fanny Aquaron — Costumes : Noémie Bourigault, assistée de Viot Mélanie — Création lumière et régie : Maïwenn Cozic — Équipe Administrative : Amandine Lemaire et Magali Caron

Messagerie : Paul remercie Gaëlle d’avoir programmé Projet PDF au théâtre ONYX.
Crédits photos : Patrick Fabre
Première mise en ligne 20 avril 2019 et dernière modification 4 octobre 2019.

C
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Comme-si-c'était-vrai

Souffrira quand les personnages souffriront. Rira quand les personnages riront. Prendra leur défense quand ils subiront. Le spectacle, c’est parfois la vie, la vraie. Le lieu de l’empathie maximale.


« (…) Pendant le spectacle MLE…, un jeune spectateur a fortement interpellé un acteur : ”Lâche la dame ! Lâche la dame ! Lâche la dame !” lui a-t-il crié, alors que le personnage agressait un autre personnage sur la scène du chapiteau. Ce spectateur avait trois ans à tout casser. Il avait tout compris aux arts de la scène : il savait que le spectacle, même si “c’est pour de faux”, déroule des vérités. Je l’aurais bien élu “spectateur de l’année”(…) »
UNE SPECTATRICE ANONYME DU XXIème SIÈCLE AUTOUR DE MLE…
Expérience : théâtre ONYX — 2
Collecte : menée par Les Collectors, lors d’une soirée « Critique du spectateur » autour du spectacle MLE, Cie À Portés De Mains, 16 juin 2019, ONYX/ La Carrière ».
Géocalisation : ONYX-La Carrière, Saint-Herblain (France)
D

Diagnostic

Ausculte l’âme des personnages, dans le seul et unique but de diagnostiquer leur trouble. En fin de spectacle, on peut l’entendre dire : « Lui, le personnage principal, c’est un bipolaire, c’est certain ». Le besoin de réalisme écarte toute considération esthétique. D’ailleurs, le spectateur-diagnostic différencie-t-il l’œuvre scénique de sa propre vie ?


« (…) Saisir l’identité d’Avril fut l’angle récurrent des spectateurs. Identité sexuelle, âge, maladie psy. « Est-ce un enfant autiste ? » a interrogé une spectatrice avertie, qui s’est demandée tout au long de la représentation si l’autisme, c’était ça. De spectatrice-avertie, elle devint spectateur-diagnostic. Alors que le gamin, même s’il tombe parfois en black out, et s’il présente un symptôme physique d’un malaise provenant de l’enfance, il a peut-être eu un simple choc émotionnel après la disparition de sa maman. Et puis, « n’exprime-t-il pas ses peurs pour que son père le prenne dans ses bras ? » s’est demandée une autre spectatrice, avant la fermeture des portes, tard dans la nuit tiède et étoilée de la Carrière. (…) »
EXTRAIT D’UNE CRITIQUE COLLABORATIVE DE SPECTACLE AUTOUR D’AVRIL
Expérience : théâtre ONYX — 2
Collecte : menée par Les Collectors, lors d’une soirée « Critique du spectateur » autour du spectacle Avril, Cie LTK Production, 22 mars 2019, ONYX/ LA Carrière ».
Géocalisation : ONYX-La Carrière, Saint-Herblain (France)
E

Emotionnel

Expérience absolue de solitude, l’émotion du spectateur a de fait une valeur, puisqu’elle est unique. C’est une vérité parmi d’autres. L’émotion raconte l’impact du spectacle sur le corps du spectateur. Cette émotion est-elle une vérité entendable par l’artiste ? Non.

Expérience : théâtre ONYX — 2
Collecte : pendant une réunion de travail, avec l’équipe de médiation du théâtre ONYX, 1 juillet 2019.
Géocalisation : ONYX-La Carrière, Saint-Herblain (France)
S
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Scotché

Immobilisé devant un spectacle. Rivé à ses émotions. Écrasé, même.


« Pendant le spectacle MLE…, à ONYX La Carrière, sous un chapiteau de cirque, je me trouvais par hasard près d’un enfant d’à peine un an. Pendant tout le spectacle — une heure ! — il est resté bouche-bée. En arrêt. Interdit. Scotché. Bien accroché à sa poussette. Sa maman témoignera à la fin : “D’habitude, mon bébé n’est pas comme ça”. J’ai l’impression que l’enfant a aidé la maman à rester focus sur le spectacle, à doubler l’intensité de son regard. C’est comme si elle avait vu deux fois le spectacle, la première fois avec ses yeux, la deuxième avec les yeux de l’enfant.
UNE SPECTATRICE ANONYME DU XXIe AUTOUR DE MLE..
Expérience : théâtre ONYX — 2
Collecte : menée par Les Collectors, lors d’une soirée « Critique du spectateur » autour du spectacle MLE…, Cie À Portés De Mains, 15 juin 2019, ONYX/ LA Carrière ».
Géocalisation : ONYX-La Carrière, Saint-Herblain (France)

Colophon

http://www.theatreonyx.fr/accueil/focus-accueil/rejoins-la-brigade-des-collecteurs-avises

Design graphique : atelier g.u.i.
Les Collectors : Jacqueline, Alexandra, Nathalie, Isabelle, Vincent, Thérèse, Danièle, Isabelle, Kim, Sandrine, Josiane.
Lecture-correction : Amandine Glévarec
Direction éditoriale : Gaëlle Lecareux, Jean-Noël Charpentier et Joël Kérouanton