Lors de soirées entre amis, raconte oralement (et gestuellement !) ses expériences subjectives de spectateur, notamment quand il eut la chance d’assister à des créations d’artistes aujourd’hui décédés. Se présente comme le récipiendaire de leur œuvre. Est à même de raconter ce qu’il a vu, éprouvé et pensé afin de le transmettre à ses interlocuteurs, qui « connaissent » ainsi lesdites créations sans les avoir vus. Une « connaissance », certes fragmentée et aléatoire, qui circule en dehors des Théâtres et des lieux prévus pour. Un patrimoine de bouche-à-oreille, qui appartient autant à l’artiste qu’au spectateur. Est conscient que cette transmission profane, le plus souvent réalisée dans des conditions déplorables (heures tardives, ébriété avancée, longueur extrême des récits, jugement hâtif) échappe à tout contrôle du Ministère de la Culture et de la Communication. D’autant que le spectateur-patrimoine sélectionne uniquement des spectacles racontables, tramés par des actions simples : "Les quatre interprètes entrent sur scène nus, la première écrit sur le mur noir du fond du Théâtre à la craie blanche « STRAVINSKI IGOR » puis se met à fredonner la musique du Sacre du printemps ». Ou encore : Il étire la peau de ses testicules, la remonte vers son pubis afin de cacher son pénis, et cela lui fait comme un slip". Etc.