Spectateur-Non-danse

Ce n’est pas quand le danseur danse que ce spectateur est ému, mais quand il a fini de danser, quand il est épuisé de danser ou quand il vient de dire quelque chose de sa vie en dehors de la danse. Est ému quand le danseur pense à ce qu’il vient de dire, quand, en fin de compte, il ne fait plus son travail de danseur, ne joue plus, n’a plus rien à faire, quand on perçoit sa solitude, sa réalité, quand il arrive à se rendre à lui-même et pas à sa fonction sociale de danseur.


« (…) Ce que les danseurs ne voyaient peut-être pas et qui me sautait aux yeux, c’était l’absence de petits gestes transgressifs, des gestes à côté du propos, le contredisant, en jouant. J’avais envie de leur dire, aux danseurs, « Ça fait trop sérieux, votre histoire ! ». Ce que le chorégraphe traduisait à sa façon par un « Ça fait trop danseurs, ça ! ». Comme si danser c’était oublier la danse même, dire quelque chose de sa vie en dehors de la danse. Ça sentait la « non-danse » à trois kilomètres (…). »
KÉROUANTON (Joël), in « Le Dico du Spectateur », 2017.
Laboratoire : Cédric Cherdel / Asso Uncanny
Collecte : Emails 2009-2010, J. Bel, B. Charmatz, Les Presses du réel, 2013.
Géolocalisation : Maison de quartier Les Dervallières, Nantes.
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