Absorbe sans commune mesure le spectacle qui se déroule devant lui. Est très vite submergé. Rejette le trop-plein par des pleurs, rires, pipi (dans la culotte). A coutume de dire, en fin de soirée bien arrosée : « l’art révèle l’éponge qui est en moi » ou encore « l’art, ce petit îlot où on se retrouve, se ressource, où il reste encore de l’eau pour l’éponge que je suis ». Pour partager le trop-plein d’émotion et éviter que l’éponge ne se noie, apprécie de restituer à ses amis absents « les moments vécus » du spectacle. Bienveillants, ses interlocuteurs savent passer l’éponge sur son impossibilité à restituer - ce sont des amis, quoi. Ils pourraient abuser de cette amitié, comme presser l’éponge pour soutirer de lui tout ce qu’ils veulent du spectacle. Que neni. Sont, en fin de compte, rarement présents près de lui par crainte de son aspect Scotch-Brite : un côté à la substance légère et poreuse, disponible à recevoir n’importe quel geste artistique ; un côté à la substance grattante et résistance, prêt à claquer violemment la porte d’une salle de spectacle si la proposition qui lui est faite va au-delà de l’entendable.

émonge


Collecte : dits & écrits des participants aux "4ème journée Passerelles - L'art pour tous, tout un art" - Rencontre professionnelle culture/social - 1er octobre 2013.
Géocalisation : Théâtre de Brétigny, Brétigny, Essonnes, France.