Sait beaucoup de choses mais a l’humilité de penser qu’il en sait moins que le performeur. Non pas que le spectateur se met en retrait ou considère son savoir inférieur à celui des performeur. Non, ce n’est pas vraiment en quantité de savoirs ou en pertinence que ces choses-là s’énoncent. C’est en terme d’avance. Le performeur (n’importe lequel) a au moins dix ans d’avance aujourd’hui sur tout. Sur tout ce qui s’écrit. Par le savoir qu’il tient de son corps. Mais c’est un savoir dont il ne peut pas encore bien parler. Parce qu’on l’empêche. Et aussi qu’un immobilisé peut dire quand même quelque chose du corps à ceux qui jouissent de tous leurs membres, parce qu’on en sait quelque chose, dans son corps entravé, à force de danser et de chanter d’la bouche close.


Collecte : Pour Louis de Funès, précédé de : Lettre aux acteurs, V. Novarina, Actes Sud, Arles, 1986.